• Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
    Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
    Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
    Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

    Quand la terre est changée en un cachot humide,
    Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
    S'en va battant les murs de son aile timide
    Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

    Quand la pluie étalant ses immenses traînées
    D'une vaste prison imite les barreaux,
    Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
    Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

    Des cloches tout à coup sautent avec furie
    Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
    Ainsi que des esprits errants et sans patrie
    Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

    Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
    Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
    Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
    Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

     

    (Charles Baudelaire)

    http://www.ina.fr/video/I07161445

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  • La Rose blanche (en allemand : Die Weiße Rose) est le nom d'un groupe de résistants allemands, fondé en juin 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, et composé de quelques étudiants et de leurs proches. Ce groupe a été arrêté en février 1943 par la Gestapo et ses membres ont été exécutés pour avoir écrit et diffusé des tracts.

    La Rose Blanche

    Sur la photographie Hans et Sophie Scholl et Christoph Probst, jeunes allemands courageux qui bien que craignant pour leur vie n’ont pas hésité à s’élever contre la barbarie nazie, pendant la seconde guerre mondiale.

    Condamnés à mort pour avoir rédigé et distribué des tracts! Ils demandaient aux Allemands de se soulever.

    Une leçon de courage intellectuel sans pareille! Ces jeunes gens ont risqué leurs vies pour ce à quoi ils croyaient!

    Après une parodie de procès, ils seront guillotinés…

     

    Cela nous montre qu’en Allemagne aussi il y a eu des résistants contre le nazisme. Malgré les risques, des hommes et des femmes, de toutes les classes sociales, de différentes opinions, individuellement ou collectivement, ont continué la lutte.

     

    Ce que La Rose Blanche dénonce (entre autres) :

    - le fait de laisser faire : « Il n'est rien de plus indigne d'un peuple civilisé que de se laisser, sans résistance, régir par l'obscur bon plaisir d'une clique de despotes. Est-ce que chaque Allemand honnête n'a pas honte aujourd'hui de son Gouvernement ? »

    - la guerre : « Mais si la marche en avant continue vers l'Est ... Ce succès apparent a été acheté au prix de sacrifices si grands, qu'il ne peut déjà plus être envisagé comme une réussite.... Qui a compté les morts ? Hitler ? Goebbels ? Certes, ni l'un ni l'autre. Des milliers d'hommes tombent chaque jour en Russie... Il n'est personne pour sécher les pleurs de la mère. Hitler lui a pris ce qu'elle avait de plus cher, il a mené son enfant à une mort absurde... »

    - la Shoah : « depuis la mainmise sur la Pologne, 300 000 Juifs de ce pays ont été abattus comme des bêtes. C’est là le crime le plus abominable perpétré contre la dignité humaine »

    - le manque de justice et de liberté : « Un socialisme bien compris libérera la classe des travailleurs de la plus basse forme d'esclavage qui est la sienne... Chaque peuple, chaque individu a droit aux richesses du monde.

    Liberté de parole, liberté de croyance, protection des citoyens contre l'arbitraire des États dictatoriaux criminels, telles sont les bases nécessaires de l'Europe nouvelle. »

     

    Mickey 3D - La rose blanche

     

    Je sais que le jour viendra ou le vent se lèvera

    Et nous serons des milliers

    La nuit vous étranglera

    Et sur vos corps allongés

    Les roses viendront pousser

     

    Vous vous souviendrez de moi au moment de votre souffle dernier

    Vous vous souviendrez du jour ou vous avez mis ma tête à couper

    Vous vous souviendrez peut-être mais le monde vous aura vite oubliés

    Car, il se souviendra de nous si l’histoire ne nous a pas effacés

     

    Je ne suis plus là pour témoigner

    Mais les roses blanches ont poussé

    Les idiots ne l’emportent jamais

    Et le ciel a tout filmé

    La Rose Blanche

      

    Aujourd’hui c’est moi qui tombe

    Je rejoins l’armée des ombres

    Mais demain je reviendrai

    J’irai danser sur vos tombes

    Juste après la pluie qui tombe

     

    L’herbe viendra repousser

     

    Vous vous souviendrez de moi au moment de votre souffle dernier

    Vous vous souviendrez du jour ou vous avez mis ma tête à couper

    Vous vous souviendrez peut-être mais le monde vous aura vite oubliés

    Car, il se souviendra de nous si l’histoire ne nous a pas effacés

     

    Je ne suis plus là pour témoigner

    Mais les roses blanches ont poussé

    Les idiots ne l’emportent jamais

    Et le ciel a tout filmé

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  •  

    Accords

    Lam Fa Rém Mi Lam

    Lam
    Rien n'est précaire comme vivre
                                                           Fa
    Rien comme être n'est passager
                                                            Rém
    C'est un peu fondre comme le givre
                                             Mi
    Et pour le vent être léger
                                             Lam
    J'arrive où je suis étranger

     

    J'arrive où je suis étranger

    Rien n'est précaire comme vivre
    Rien comme être n'est passager
    C'est un peu fondre comme le givre
    Et pour le vent être léger
    J'arrive où je suis étranger

     

    Un jour tu passes la frontière
    D'où viens-tu mais où vas-tu donc
    Demain qu'importe et qu'importe hier
    Le coeur change avec le chardon
    Tout est sans rime ni pardon

     

    Passe ton doigt là sur ta tempe
    Touche l'enfance de tes yeux
    Mieux vaut laisser basses les lampes
    La nuit plus longtemps nous va mieux
    C'est le grand jour qui se fait vieux

     

    Les arbres sont beaux en automne
    Mais l'enfant qu'est-il devenu
    Je me regarde et je m'étonne
    De ce voyageur inconnu
    De son visage et ses pieds nus

     

    Peu a peu tu te fais silence
    Mais pas assez vite pourtant
    Pour ne sentir ta dissemblance
    Et sur le toi-même d'antan
    Tomber la poussière du temps

     

    C'est long vieillir au bout du compte
    Le sable en fuit entre nos doigts
    C'est comme une eau froide qui monte
    C'est comme une honte qui croît
    Un cuir à crier qu'on corroie

     

    C'est long d'être un homme une chose
    C'est long de renoncer à tout
    Et sens-tu les métamorphoses
    Qui se font au-dedans de nous
    Lentement plier nos genoux

     

    O mer amère ô mer profonde
    Quelle est l'heure de tes marées
    Combien faut-il d'années-secondes
    A l'homme pour l'homme abjurer
    Pourquoi pourquoi ces simagrées

     

    Rien n'est précaire comme vivre
    Rien comme être n'est passager
    C'est un peu fondre comme le givre
    Et pour le vent être léger
    J'arrive où je suis étranger

     

     

    Louis Aragon

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  • Fairuz - Habaytak Bisayf

    A lire


    أيام البرد و أيام الشتي
    و الرصيف بحيرة و الشارع غريق
    تجي هاك البنت من بيتها العتيق
    و يقلا انطريني و تنطرعالطريق
    و يروح و ينساها و تدبل بالشتي

    حبيتك بالصيف حبيتك بالشتي
    نطرتك بالصيف نطرتك بالشتي
    و عيونك الصيف و عيوني الشتي
    ملقانا يا حبيبي خلف الصيف و خلف الشتي

    مرقت الغريبة عطيتني رسالة
    كتبها حبيبي بالدمع الحزين
    فتحت الرسالة حروفها ضايعين
    و مرقت أيام و غربتنا سنين
    و حروف الرسالة محيها الشتي
     

     

    Fairuz - Habaytak Bisayf

    traduction

    je t'ai aimé par l'été 

    par les jours de froid 
    par les jours de pluie 
    le boulevard est un lac 
    et la rue se noie 
    vient telle jeune fille 
    de sa vielle maison 
    Il lui dit "attends-moi" 
    et elle attend au bord du chemin 
    puis, il part et l'oublie 
    Et elle se fane par l'hiver 

    Je t'ai aimé par l'été 
    Je t'ai aimé par l'hiver 
    Je t'ai attendu l'été 
    Je t'ai attendu l'hiver 

    Tes yeux sont l'été 
    Et mes yeux sont l'hiver 
    Nos retrouvailles, mon bien-aimé 

    sont au-delà de l'été et par-delà l'hiver 

    Il est passé une étrangère 
    qui m'a apporté un courrier 
    C'est mon bien-aimé qui a écrit 
    De ses tristes pleurs 
    j'ai ouvert le papier 
    et ses lettres se sont perdues 
    puis, il est passé des jours 
    et, pour des années, nous ont rendus l'un à l'autre étrangers 
    et les lettres du courrier 
    se sont effacées dans l'hiver 

    Je t'ai aimé par l'été 
    Je t'ai aimé par l'hiver 
    Je t'ai attendu l'été 
    Je t'ai attendu l'hiver 

    Tes yeux sont l'été 
    Et mes yeux sont l'hiver 
    Nos retrouvailles, mon bien-aimé 
    sont au-delà de l'été et par-delà l'hiver

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