• J’atteste

     

    J’atteste qu’il n’y a d’être humain

    que celui dont le cœur tremble d’amour

    pour tous ses frères en humanité

     

    Celui qui désire ardemment

    plus pour eux que pour lui-même

    liberté, paix, dignité

     

    celui qui considère la Vie

    est encore plus sacré

    que ses croyances et ses divinités

     

    J’atteste qu’il n’y a d’être humain

    que Celui qui combat sans relâche

    la Haine en lui et autour de lui

     

    Celui qui,

    dès qu’il ouvre les yeux le matin,

    se pose la question :

    Que vais-je faire aujourd’hui

    pour ne pas perdre ma qualité et ma fierté

    d’être homme ?

     

    Abdellatif LAÂBI,

    le 10 janvier 2015

    Un autre du même auteur: "pourquoi on fait la guerre"

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  • Tu n'en reviendras pas toi qui courais les filles

    Jeune homme dont j'ai vu battre le cœur à nu

    Quand j'ai déchiré ta chemise et toi non plus

    Tu n'en reviendras pas vieux joueur de manille

     

    Qu'un obus a coupé par le travers en deux

    Pour une fois qu'il avait un jeu du tonnerre

    Et toi le tatoué l'ancien Légionnaire

    Tu survivras longtemps sans visage sans yeux

     

    On part Dieu sait pour où ça tient du mauvais rêve

    On glissera le long de la ligne de feu

    Quelque part ça commence à n'être plus du jeu

    Les bonshommes là-bas attendent la relève

     

    Roule au loin roule le train des dernières lueurs

    Les soldats assoupis que ta danse secoue

    Laissent pencher leur front et fléchissent le cou

    Cela sent le tabac la laine et la sueur

     

    Comment vous regarder sans voir vos déstinées

    Fiancés de la terre et promis des douleurs

    La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs

    Vous bougez vaguement vos jambes condamnées

     

    Déjà la pierre pense où votre nom s'inscrit

    Déjà vous n'êtes plus qu'un nom d'or sur nos places

    Déjà le souvenir de vos amours s'efface

    Déjà vous n'êtes plus que pour avoir péri

     

    Monument aux morts de Mazaugues

     Lien très intéressant chez Clio

    Des liens sur "Fasgianu"

     

    http://fasgianu.eklablog.com/chjami-aghjalesi-le-chemin-des-dames-a113298632

    http://fasgianu.eklablog.com/11-novembre-la-chanson-de-craonne-a113122258

    http://fasgianu.eklablog.com/maudite-soit-la-guerre-quand-un-soldat-francis-lemarque-a113122234

    http://fasgianu.eklablog.com/je-te-cite-clio-quand-un-soldat-lemarque-c-b-brel-la-colombe-la-chanso-a113120300

    http://fasgianu.eklablog.com/dopu-cena-diciosetti-a114676024

    http://fasgianu.eklablog.com/verdun-guiducci-culioli-a112982690

    http://fasgianu.eklablog.com/le-11-novembre-2014-a-gardanne-a113254140

     

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  • Le siècle des réfugiés

    Paroles: Leny Escudero 
    Musique: Julian Escudero
    Année: 1982

    J'ai vécu
    Au siècle des réfugiés
    Une musette au pied de mon lit
    Avec la peur au ventre
    Des humiliés
    Des sans logis
    Qui tremblent
    Les oubliés
    Aux mal-partis
    Ressemblent

    Ils sont toujours les bras ballants
    D'un pied sur l'autre mal à l'aise
    Le cul posé entre deux chaises
    Tout étonné d'être vivant
    Ils sont souvent les en-dehors
    Ceux qui n'écriront pas l'histoire
    Et devant eux c'est la nuit noire
    Et derrière eux marche la mort

    Ils sont toujours les emmerdants
    Les empêcheurs les trouble-fêtes
    Qui n'ont pas su baisser la tête
    Qui sont venus à contre temps
    Dans tel pays c'est mal venu
    Venir au monde t'emprisonne
    Et chaque jour on te pardonne
    Puis on ne te pardonne plus

    J'ai vécu
    Au siècle des réfugiés
    Une musette au pied de mon lit
    Avec la peur au ventre
    Des humiliés
    Des sans logis
    Qui tremblent
    Les oubliés
    Aux mal-partis
    Ressemblent

    On peut souvent les voir aussi
    Sur les photos des magazines
    Essayant de faire bonne mine*
    Emmenez-moi au loin d'ici
    Ils ont des trous à chaque main
    C'est ce qui reste du naufrage
    Ils n'ont pas l'air d'être en voyage
    Les voyageurs du dernier train

    Ils sont toujours les séparés
    Le cœur perdu dans la pagaille
    Les fous d'amour en retrouvailles
    Qui les amènent sur les quais
    Et puis parfois le fol espoir
    Si elle a pu si elle arrive
    De train en train à la dérive
    Et puis vieillir sans la revoir

    J'ai vécu
    Au siècle des réfugiés
    Une musette au pied de mon lit
    Avec la peur au ventre

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  • Marissa Nadler - Mayflower May

    Accords : capo1 lam sib rém

    Without a lover

    Without a friend

    Without a savior

     

    Without a friend

    Without a lover

    Without a friend

     

    Mayflower walked away

    Away towards the air

    And if you see her

    Call out her name

     

    And if you hear her

    Out in the rain

    Mayflower Maybelle

    It was her name

     

    Without a lover

    Without a friend

    Without a savior

     

    Without a friend

    Without a lover

    Without a care

     

    Mayflower walked away

    Away towards the air

    And if you see her

    Call out her name

     

    And if you hear her

    Out in the rain

    Mayflower Maybelle

     

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  • Annabel Lee

     

    It was many and many a year ago

    In a kingdom by the sea

    That a maiden there lived, whom you may know

    By the name of Annabel Lee

    And this maiden she lived with no other thought

    Than to love and be loved by me.

    I was a child and she was a child

    In this kingdom by the sea

    But we loved with a love that was more than love

    I and my Annabel Lee

    With a love that winged seraphs in Heaven

    Coveted her and me

     

    This was the reason that, long ago

    In this kingdom by the sea

    The winds blew out of a cloud, chilling

    My beautiful Annabel Lee

    So that her highborn kinsmen came

    And bore her away from me,

    To shut her up in a sepulchre

    In this kingdom by the sea

     

    The Angels, not half so happy in Heaven,

    Went envying her and me

    Yes! That was the reason (as all men know

    In this kingdom by the sea)

    That the wind came out of a cloud by night

    Chilling and killing my Annabel Lee.

     

    But our love, it was stronger by far than the love

    Of those who were older than we,

    Of many far wiser than we

    And neither the Angels in Heaven above

    Nor the demons down under the sea

    Can ever dissever my soul from the soul

    Of the beautiful Annabel Lee.

     

    For the moon never beams without bringing me dreams

    Of the beautiful Annabel Lee

    And the stars never rise, but I feel the bright eyes

    Of my beautiful Annabel Lee.

    And so, all the nighttide, I lie down by the side

    Of my darling! My darling, my life and my bride.

    In her sepulchre, there by the sea,

    In her tomb, by the side of the sea.

     

    Edgar Allan Poe traduit par Mallarmé 

     

    Annabel Lee

    Il y a mainte et mainte année, dans un royaume près de la mer, vivait une jeune fille, que vous pouvez connaître par son nom d'ANNABEL LEE : et cette jeune fille ne vivait avec aucune autre pensée que d'aimer et d'être aimée de moi.

    J'étais un enfant, et elle était un enfant dans ce royaume près de la mer ; mais nous nous aimions d'un amour qui était plus que l'amour, - moi et mon ANNABEL LEE ; d'un amour que les séraphins ailés des cieux convoitaient, à elle et à moi.

    Et ce fut la raison que, il y a longtemps, - un vent souffla d'un nuage, glacant ma belle ANNABEL LEE ; de sorte que ses proches de haute lignée vinrent, et me l'enlevèrent, pour l'enfermer dans un sépulcre, en ce royaume près de la mer.

    Les anges, pas à moitié si heureux aux cieux, vinrent, nous enviant, elle et moi - Oui ! ce fut la raison (comme tous les hommes le savent dans ce royaume près de la mer) pourquoi le vent sortit du nuage la nuit, glaçant et tuant mon ANNABEL LEE.

    Car la lune jamais ne rayonne sans m'apporter des songes de la belle ANNABEL LEE ; et les étoiles jamais ne se lèvent que je ne sente les brillants yeux de la belle ANNABEL LEE ; et ainsi, toute l'heure de la nuit, je repose à côté de ma chérie, - de ma chérie, - ma vie et mon épousée, dans ce sépulcre près de la mer, dans sa tombe près de la bruyante mer.

    Mais, pour notre amour, il était plus fort de tout un monde que l'amour de ceux plus âgés que nous ; - de plusieurs de tout un monde plus sages que nous, - et ni les anges là-haut dans les cieux, - ni les démons sous la mer ne peuvent jamais disjoindre mon âme de l'âme de la très-belle ANNABEL LEE.

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